Promouvoir et renforcer le dialogue avec nos parties prenantes

Employés de Total sur le quai de chargement du chantier naval de Sonamet, en Angola

En tant qu’acteur majeur de l’industrie pétrolière, Total intervient sur la scène internationale dans plus de 130 pays. Selon leur nature et leur implantation, ses activités suscitent des attentes très différentes. Sa capacité à les identifier et à y faire face est la clé d’une intégration pérenne.

Le dialogue avec nos parties prenantes est un outil fondamental. Il permet à Total de construire des projets positifs pour le développement de ses activités et pour les populations des pays d’accueil.

Entretenir des relations constructives avec nos parties prenantes

Des contextes très variés, des attentes très différentes

Industrielles ou commerciales, en Europe, en Afrique, en Asie... Selon leur nature et leur implantation, nos activités ont des impacts variables. Elles suscitent chez nos parties prenantes (riverains, associations, partenaires, autorités...) des attentes très différentes, souvent considérables.

Le développement d'un projet pétrolier, par exemple, ne modifie pas de la même manière les équilibres locaux dans une région défavorisée et dans un pays développé. De même, l'implantation d'une station-service peut être souhaitée en zone rurale, car synonyme de lien social et de dynamisme économique, mais soulever des oppositions dans une zone urbaine.

Écouter, comprendre, dialoguer

Notre capacité à cerner ces attentes conditionne notre intégration locale. C'est en effet en comprenant les enjeux locaux et en y faisant face, que nous pourrons contribuer à assurer le succès et la pérennité de nos activités.

Dans ce contexte, le dialogue est un élément clé. C'est un outil essentiel de notre démarche sociétale.

Afin d’assurer que les sujets traités dans le rapport Société et Environnement correspondent aux attentes des parties prenantes, Total sollicite chaque année un certain nombre de ses interlocuteurs pour poser des questions, qui forment les différents chapitres du rapport. Le rapport Société et Environnement 2009 de Total était le premier de ce type et il était intitulé Dix questions que vous nous posez. Le même schéma a été utilisé pour le rapport Société et Environnement 2010. Cette fois, la réponse à la question de la partie prenante était fournie par un employé de Total, et les deux étaient photographiés en regard l’un de l’autre dans le rapport. Dans la dernière parution (le rapport Société et Environnement 2011), l’édition papier a été complétée par un documentaire web dans lequel les parties prenantes avaient la possibilité de réagir à la réponse fournie à la question qu’ils ont posée, et de poursuivre le dialogue.

Instaurer et entretenir le dialogue

Le dialogue permet :

  • d'identifier toutes nos parties prenantes et leurs attentes. Il donne donc la possibilité de bien connaître les enjeux de nos relations avec elles et de mesurer nos impacts ;
  • de faire émerger les projets d'intérêt commun prioritaires et de contribuer à leur mise en place, par des partenariats adaptés ;
  • de définir ensemble les projets, ainsi que les rôles et responsabilités des différents acteurs.

Développer des outils adaptés

Essentiel, le dialogue n'en est pas moins parfois difficile à établir, en raison notamment de la diversité des contextes culturels et opérationnels dans lesquels nous évoluons.

C'est pourquoi, depuis quelques années, nous développons des outils pour professionnaliser notre démarche et la rendre plus efficace. Nous avons ainsi conçu plusieurs guides pratiques internes : Guide sociétal local, Guide du dialogue local, Guide du local content1, etc.

Depuis 2006, nous déployons l'outil interne SRM+ (Stakeholder Relationship Management) pour professionnaliser notre démarche sociétale. SRM+ permet aux responsables de nos sites et filiales de réaliser une cartographie précise des enjeux sociétaux, notamment grâce à la consultation des parties prenantes.

L'outil, qui s'appuie sur une liste actualisée de bonnes pratiques, guide l'établissement d'un plan d'actions partagé, optimisant les bénéfices pour tous les acteurs concernés. Il précise également  les modalités de mise en œuvre et de suivi du plan. Aujourd'hui, une centaine de sites du Groupe dispose d'une cartographie de leurs parties prenantes réalisée grâce à SRM+.

Connaître et comprendre les peuples autochtones et tribaux

Conscients des spécificités des peuples autochtones, nous avons mis en place une charte des principes et lignes directrices concernant les « peuples autochtones et tribaux », selon la formule consacrée par la convention n° 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT). En vertu de cette charte et de notre Code de conduite, nous nous efforçons ainsi de connaître et de comprendre les besoins légitimes des communautés qui se trouvent au contact de nos filiales.

Le dialogue dans les faits

Couverture du rapport CSR 2012

Partout, nous nous efforçons de mettre en place un dialogue nourri et aussi constructif que possible avec des parties prenantes très diverses et aux attentes souvent divergentes, voire contradictoires. Notre démarche d'écoute, d'évaluation des impacts et de réponses aux attentes, à chaque stade de nos projets comme de la vie de nos installations, se révèle ainsi souvent difficile, peu lisible et volontiers critiquée.

Nous nous inscrivons donc dans une logique de progrès en :

  • professionnalisant (formations spécifiques) les 370 personnes mobilisées sur les questions sociétales (dont 329 à plein temps) ;
  • faisant appel à l'expertise des ONG. L'association française IRAM (Institut de recherches et d'applications des méthodes de développement) a ainsi développé une formation spécifique sur la sélection, le suivi et l'évaluation des projets de développement local. Cette formation a été mise en œuvre dans notre filiale du Nigeria en 2010 et proposée à d'autres filiales ;
  • élaborant et évaluant de nouveaux outils adaptés à chaque contexte.

Notre objectif : aider les communautés locales à devenir pilotes de leur développement et de leur avenir, et permettre une cohabitation durable entre nos activités industrielles et les populations riveraines de nos opérations.

Quelques exemples

Des auditions publiques en Alberta (Canada)

Au Canada, en Alberta, une série d'auditions publiques (public hearings) a couronné à l'automne 2010 cinq années de consultation et de dialogue avec les autorités locales et les habitants autour de notre projet d'exploitation des sables bitumineux de Joslyn. Quinze de nos experts ont été auditionnés et interrogés, durant deux semaines, par les représentants des gouvernements nationaux et régionaux, des populations locales (peuples premiers et riverains des installations), des ONG ainsi que d'autres compagnies pétrolières. À l'issue de cette procédure démocratique, rigoureuse et transparente, une recommandation d'intérêt public a pu être rendue aux autorités décisionnaires. Malgré un climat a priori hostile à l'exploitation, les auditions publiques ont également débouché sur la signature d'accords de développement économique et social avec les principales communautés, qui nous engagent sur toute la durée de vie du projet.

Enfin, en mai 2011, l’Energy Resources Conservation Board (ERCB) de la province de l’Alberta a donné son approbation pour la construction, l’exploitation et la remise en état du terrain du projet.

Une évaluation indépendante (Congo)

Deux femmes et un homme congolais interviennent sur une pompe à injection reliée à un banc électronique

L'APNI, soutenue par Total E&P Congo, a aidé
l'entreprise locale « Diesel Exploration Systems »
à acquérir un banc électronique.

Notre filiale EP a mené une évaluation de l'Association Pointe-Noire industrielle (APNI), sept ans après sa création. L'objectif : aider cette structure dévolue au soutien financier et à l'accompagnement des jeunes entreprises locales à faire un bilan des actions réalisées et à prendre un nouvel élan. Notre filiale a donc fait appel au GRET2, une ONG française de développement, pour effectuer entretiens et enquêtes de terrain. Les conclusions rendues en 2010 ont ainsi permis à l'APNI de prendre des décisions importantes : recentrage sur ses missions clés, rigueur dans sa gouvernance, professionnalisation de ses équipes. Total EP Congo a également décidé de prendre un peu de distance par rapport à la gestion quotidienne de l'APNI, afin de lui permettre de voler de ses propres ailes. Forte de cette première expérience, notre filiale congolaise projette une nouvelle évaluation de ses projets sociétaux, cette fois autour du terminal pétrolier de Djeno.

La consultation des peuples autochtones (Bolivie)

Comment travailler au projet d'exploration sismique Ipati, situé au cœur du territoire guarani, en respectant au mieux les droits et la culture de ce peuple autochtone ? C'est tout le sens du processus de consultation, et mieux encore, de participation aux différentes phases du projet que nous avons instauré en application de notre « charte sur le respect des peuples autochtones ». Parallèlement à la mise en place d'un programme de soutien à l'agriculture, notre filiale locale a ainsi intégré les autochtones au sein de ses activités ; sept d'entre eux ont rejoint notre équipe chargée des relations avec les communautés avoisinantes et trois techniciens ont été formés pour surveiller les impacts sur l'environnement de notre projet, au fil de son avancée. Résultat : un climat de confiance solide et durable, qui permet de rendre « acceptable » notre présence dans la zone. Notre branche Exploration-Production prépare actuellement, pour les pays où ces questions sont particulièrement sensibles, un Indigenous Management Plan.

La conférence riveraine de Feyzin (France)

La raffinerie de Feyzin, site classé Seveso, est située à 12 km de Lyon et à seulement quelques centaines de mètres de quartiers résidentiels. En 2007, elle a mis en place un dispositif de dialogue innovant : la Conférence riveraine de Feyzin. Initiée par Total, la mairie de Feyzin et l'Institut pour une Culture de la Sécurité Industrielle (ICSI), cette conférence est un espace de réflexion et de débat.

Composée de 50 membres (30 habitants de Feyzin, 5 représentants de Total, 5 de la mairie et d'autres acteurs du territoire), elle formule des propositions pour améliorer le quotidien des habitants et leur cohabitation avec la raffinerie. Ces propositions sont validées par la mairie et la raffinerie, à qui incombe la charge financière.

La raffinerie et la commune de Feyzin ont par ailleurs conjointement élaboré un recueil d'expériences et de bonnes pratiques de gouvernance à l'usage des responsables industriels et des décideurs publics : L'Usine et la Ville, des voisins peu communs. Ce guide propose de multiples actions concrètes favorisant le dialogue entre un industriel et une collectivité. www.ville-feyzin.fr

1 Le local content, ou part locale, désigne l'ensemble des actions visant à valoriser le tissu industriel et les compétences des habitants des États hôtes dans les projets pétroliers et gaziers : recrutement local, formation, achats de biens et de services locaux.

2 GRET est une association professionnelle de solidarité et de coopération internationale créée il y a trente ans. Son objectif est de contribuer à un développement durable et solidaire et lutter contre la pauvreté et les inégalités structurelles.