Favoriser l'emploi et la sous-traitance dans les pays hôtes

Portrait d'un employé de Total sur un site de stockage parmi des bouteilles de gaz GPL, au Kenya

L’emploi est très souvent la priorité des régions qui nous accueillent. C’est aussi la nôtre. C’est pourquoi, partout, nous nous mobilisons pour contribuer à créer des emplois et à dynamiser le tissu économique. Total veille par ailleurs à faire progresser en permanence la « part locale » de ses activités.

Optimiser nos retombées positives

Contribuer à développer l'emploi

Certains pays qui nous accueillent font face à un taux important de chômage. Aussi, nous nous mobilisons pour contribuer à créer des emplois. Concrètement, cela se traduit par du recrutement local, des actions de formation, l'achat de biens et de services locaux ou encore la valorisation du tissu économique via le soutien aux petites et moyennes entreprises.

Soutenir le développement local

Nous soutenons et mettons en œuvre des programmes socio-économiques en adéquation avec les attentes des populations locales. Ils portent sur des domaines variés : accès à l'énergie, santé, éducation, sécurité industrielle, etc. Ils sont développés dans le souci de renforcer les capacités locales. L'objectif : donner aux communautés qui nous entourent les moyens de construire et piloter leur développement, selon leurs propres priorités et de façon autonome.

Pour cela, nous travaillons en concertation avec les autorités et les populations concernées, et nous nous entourons d'experts du développement local (ONG principalement).

Contribuer à la création d'emplois directs et indirects

Recrutement

Opérateurs au travail dans une salle de contrôle

Nous privilégions le recrutement de collaborateurs locaux, chaque fois que c’est possible et à tous les échelons, et incitons nos sous-traitants à faire de même.

En 2011, nous avons effectué plus de 10 375 recrutements (en périmètre de gestion) dans 114 pays, sur des contrats longue durée, dont 1 486 en France.

Plus de 151 nationalités sont aujourd’hui représentées dans nos effectifs. Cette diversité des cultures et modes de pensée constitue l’une de nos principales forces. Elle est le fruit d’un engagement résolu.

Total E&P Angola, par exemple, a élaboré en 2007 une charte d’« angolanisation » qui témoigne de la volonté de la filiale de favoriser la présence de collaborateurs nationaux, à tous les niveaux.

Au Nigeria, plus de 80 % des employés de notre filiale Exploration-Production sont nationaux, et ils sont près de 90 % dans notre filiale de Marketing & Services. Des programmes massifs de recrutement sont mis en œuvre auprès de jeunes diplômés nigérians, et environ 100 nouveaux employés nationaux nous rejoignent chaque année.

Cependant, dans certains pays, il est difficile de trouver des candidats présentant les qualifications requises. Cela nous conduit logiquement à nous impliquer dans des programmes de formation, voire à en créer.

Soutien aux entrepreneurs

Nous cherchons à apporter un soutien concret aux petites et moyennes entreprises (PME) proches de nos établissements et sites, dans des secteurs diversifiés entrant ou non dans nos domaines d’activités. Notre objectif : générer ou préserver des emplois, contribuer à l’ancrage local des activités et au développement du tissu économique local.

Dans tous les cas, nous privilégions une démarche pragmatique et progressive. Nos moyens d’action : appui financier, accompagnement technique, adaptation de nos projets, achats de biens et de services locaux (sous réserve de pertinence industrielle et économique)…

Nous nous attachons de plus en plus à segmenter les projets pétroliers, à rendre leur découpage accessible aux fournisseurs locaux, et à les planifier en fonctions des ressources locales disponibles.

La segmentation est ainsi l’un des axes privilégié par Total E&P Indonésie (TEPI) pour travailler davantage avec des entreprises locales de taille moyenne. Le soutien apporté aux contracteurs et la volonté de les aider à se développer vers des activités pérennes comme la maintenance se traduisent en un chiffre très important : 50 % de contenu local dans les projets de TEPI depuis cinq ans, dans des domaines de plus en plus divers.

En France, dans le cadre du projet  d’optimisation de ses activités en région havraise (projets  RN2012 et UGO), Total a mis en place le dispositif « Total emploi local », en liaison avec 300 entreprises du territoire susceptibles de répondre aux appels d’offres. Ce dispositif, développé avec des partenaires institutionnels, vise les opportunités d’accès à l’emploi des professionnels locaux en accompagnant et formant des personnes éloignées de l'emploi, pour les intégrer ensuite sur les chantiers.

Au Nigeria, sur les sites de lubrifiants de Koko et Kaduna, nous avons créé en 2004 un programme d’acquisition de compétences fondé sur une formation technique et pratique (couture, ferronnerie, informatique). À cette fin, la filiale alloue à chaque jeune un « kit de lancement » (incluant l’achat du matériel de base et le financement de son loyer professionnel) lui permettant de monter sa propre entreprise.

En Afrique, 90 % des biens et services achetés par le Marketing & Services le sont localement, comme les réservoirs de stockage de carburant, les meubles de stations-service ou les tenues vestimentaires. Lorsque les équipements disponibles dans un pays ne répondent pas aux standards Total, nous étudions systématiquement des solutions d’adaptation régionales avant d’envisager l’importation en provenance d’autres continents.

Développer la part locale de nos projets industriels

Local content : développer la part locale de nos projets industriels

Jeune femme, élève du CSP, enlevant son masque après avoir effectuée des travaux de soudure

Par local content, ou « part locale », nous désignons l'ensemble des actions visant à valoriser le tissu industriel et les compétences des habitants des États hôtes qui interviennent, de près ou de loin, dans les projets pétroliers et gaziers : recrutement local, formation, achats de biens et de services locaux... La « part locale » se mesure le plus souvent en pourcentage des investissements, des heures travaillées, du poids des équipements fabriqués, des emplois créés, etc.

Augmenter la « part locale » de nos projets permet de renforcer durablement les compétences humaines et les capacités industrielles des pays qui nous accueillent, et ainsi, de dynamiser leur croissance économique et sociale.

Recourir autant que possible aux capacités locales

Nos programmes de local content sont construits selon les caractéristiques techniques du projet et selon le contexte industriel local. Ils s'appuient sur un état des lieux de la situation humaine et industrielle, et des attentes des parties prenantes. L'objectif : identifier et développer les ressources disponibles sur place.

Le local content est pris en compte dès le stade de conception des projets. Il participe notamment au choix des options conceptuelles pouvant permettre de faire appel à des fournisseurs de biens et services locaux.

Pour autant, la concrétisation effective de nos efforts dans ce domaine est très variable d'un pays, voire même d'un projet à l'autre. En cause :

  • le manque de personnel et sous-traitants présentant les qualifications adéquates ;
  • l'inadaptation des infrastructures industrielles locales ;
  • la difficulté des sous-traitants locaux à proposer des offres compétitives et en ligne avec nos standards de qualité, de sécurité, etc.

Adapter et renforcer nos actions

Depuis le début des années 2000, nous cherchons à mieux coordonner nos actions de local content. Certaines filiales ont fait évoluer leur organisation en conséquence. Ainsi, dès 2006, Total E&P Nigeria s'est dotée d'une division Nigerian Content. Sa mission : fournir une assistance aux départements opérationnels dans leurs objectifs en matière de part locale.

Nous travaillons également, avec le concours d'autres acteurs (ONG, associations, pouvoirs publics, etc.), à adapter et renforcer nos programmes de formation, d'appui technique et financier auprès des entreprises des pays hôtes.

Nos filiales à l'heure du local content : quelques exemples

Yemen LNG : former et recruter localement

Un opérateur dans l'usine de liquéfaction Yemen LNG

La mise en application de notre politique de local content se heurte souvent à un faible niveau de formation et de maîtrise technologique. Le recours à des salariés et des entreprises locales implique donc, en amont, des actions de formation et de transfert de compétences.

Pour assurer le fonctionnement de l'usine de liquéfaction de gaz naturel Yémen LNG, qui a démarré en 2009, nous avons ainsi, avec nos partenaires, créé notre propre centre de formation. 300 techniciens, superviseurs et ingénieurs locaux y ont suivi un cursus intensif de formation. Au programme : maîtrise de l'anglais et des technologies gazières, et formation complémentaire sur le terrain. L'effectif permanent de la société Yémen LNG, qui exploite l'usine, compte 80 % de Yéménites. Ce taux atteindra à terme 90 %.

Nigeria : continuer à accroître la proportion de nationaux dans les effectifs

L'intégration des compétences locales dans nos effectifs (à tous les échelons) est un pilier du local content. C'est également un élément clé de notre politique de recrutement.

Plus de 80 % des employés de Total E&P Nigeria sont Nigérians, et ce taux atteint près de 90 % dans notre filiale locale de Raffinage-Marketing. Des programmes massifs de recrutement sont mis en œuvre auprès de jeunes diplômés nigérians et environ 100 nouveaux employés nationaux nous rejoignent chaque année.

L'intégration de ces nouveaux collaborateurs, et leur accession à tous les niveaux de responsabilité, s'appuient sur un effort important en matière de formation et de tutorat.

Nigeria, Angola, Indonésie : développer les capacités des entrepreneurs du pays

Nous voulons concourir à ce que de plus en plus d'entreprises locales travaillent au niveau des standards internationaux (qualité, délais, sécurité, conditions de travail) et à des coûts compétitifs. Notre objectif : permettre aux sous-traitants de renforcer leurs compétences pour mieux satisfaire nos attentes. Mais aussi, pour leur donner la possibilité d'élargir leur clientèle et/ou leurs activités. Pour ce faire, plusieurs de nos filiales aident les entreprises à mieux répondre aux cahiers des charges, à assurer des prestations à plus forte valeur ajoutée et à gagner des marchés auprès d'autres clients.

Au Nigeria, lors de la construction du FPSO Akpo, grâce à un dispositif de préqualification des sous-traitants instauré très en amont, la part locale a atteint 28 % du nombre total d'heures travaillées. Sur le projet Usan, lancé en 2008, elle sera portée à 59 %, ce qui représente près de 11 millions d'heures de travail pour des entreprises locales. Le projet Egina ira plus loin encore, puisque toute l'ingénierie de base sera réalisée au Nigeria.

En Angola, nous avons contribué à la création de services liés à l'exploitation pétrolière. En 2009, nous avons pu nous appuyer sur les fournisseurs nationaux pour la maintenance d'installations sous-marines très sophistiquées. En 2010, le projet CLOV a permis d'accroître la capacité d'un chantier de construction. Ce dernier aura ainsi la possibilité d'intégrer un module de 3 500 tonnes environ au futur FPSO.

En Indonésie, nous découpons les projets en lots pour pouvoir les confier à davantage d'entreprises locales de taille moyenne. Parmi elles, PT Meindo Elang Indah (une société d'ingénierie et de construction) a su tirer parti de cette approche. Elle a atteint en quelques années un niveau de performance remarqué (qualité, sécurité, délais, etc.) Globalement, la part locale dans les projets de Total E&P Indonésie s'élève, depuis 5 ans, à 50 %. Ce taux reflète la volonté de notre filiale d'aider les PME locales à se développer et à s'orienter vers des activités pérennes (la maintenance, par exemple).

Pourquoi faire du local content dans les pays non-OCDE ?

Les 35 de la population mondiale la plus pauvre vivent dans des pays pourtant riches en ressources fossiles et minières. Seuls cinq des pays riches en hydrocarbures figurent dans le premier quartile de l’indice de développement humain du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). Ces réalités nous concernent d’autant plus directement que notre production provient pour près de 75 % de pays non OCDE1.

Nous avons donc pour préoccupation permanente :

  • de contribuer à faire de la valorisation des ressources pétrolières et gazières un vecteur de développement aux échelons national, régional et local (c’est le sens de notre engagement croissant dans l’Initiative pour la transparence des industries extractives) ;
  • de renforcer l’impact positif de notre présence dans les zones qui nous accueillent et d’en devenir des partenaires. Pour ces raisons, le local content est au cœur de nos priorités et prend une place prépondérante dans nos projets et nos opérations.

Le développement des projets de local content répond également aux attentes d’un nombre croissant de pays producteurs. Pour les États hôtes, le local content est un moyen de dynamiser l’économie et de favoriser le développement des capacités industrielles et les transferts de compétences.

Dans un contexte de concurrence accrue entre acteurs pétroliers, la capacité à mettre en œuvre une politique de local content devient, de plus en plus, un avantage compétitif et est essentielle pour conclure des partenariats avec les compagnies nationales. Le local content facilite enfin l’ancrage de nos activités dans leur environnement socio-économique et favorise leur pérennité, en améliorant leur acceptabilité.

1 L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) compte trente et un pays membres : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Corée, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie.

  • La présence internationale de Total

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